Défi de Muhlbach

Dimanche 24 mai s’est déroulé le trail des marcaires sur le versant alsacien des Vosges, l’occasion pour moi de vérifier si mon endurance n’avait pas trop souffert après ma pause. Une préparation avec une peu de dénivelé (surtout une côtelette courue en mode hamster jusqu’à la limite de ma santé mentale) mais pas de sortie longue à mon actif.

Toi lecteur qui viens pour l’analyse technique de la course et trouver des conseils pour 2016, elle se trouve en bas de page.

Avertissement: Tout les stéréotypes utilisés dans ce texte sont des … stéréotypes! Je ne veux froisser personne!

La course

Arrivé la veille dans la magnifique bourgade de Muhlbach-sur-Munster pour récupérer le dossard, je profite de l’après-midi pour dévaliser les magasins de leur bières locales. A la remise des dossards les participants reçoivent en cadeau une flasque souple Salomon 500ml, estampillée « Trail des Marcaires ». Super geste des orgas. Dans l’ensemble un grand bravo à l’organisation au petit soin, souriante et motivée!

Le jour de la course, je suis sur place à 7h30 pour encourager le départ du 52km et prendre mes marques. « C’est ça aussi l’esprit trail! » Malgré tout ce temps en avance sur place, j’oublie de m’échauffer et arrive donc sur la ligne de départ en touriste. Cette dernière est un peu particulière puisque l’entrée se fait par l’avant, donc impossible de se placer correctement, puisque les gens en retard se mettent devant. Après un speech de l’organisatrice qui tombe un peu à plat: à sa décharge, faire montrer de l’enthousiasme à 600 mecs qui veulent en découdre, shootés à l’overstim et à la spiruline à 9h du mat’, n’est pas une mince affaire. Puis vient le tour de Stéphane Brogniart de dire quelques mots sur la propreté et l’abandon sauvage d’emballages dans la nature: « Plus les trails sont longs, moins il y a de détritus ». Ces mots auront peut-être un impact sur les coureurs, car je n’ai vu qu’un seul gel par terre sur les 31km! (une performance comparée aux 10aines de gels jetés pendant le circuit du grand cru de Rouffach!) Bravo à Stéphane qui a su trouver les mots qui touchent!

On trouve sur la ligne de départ, bercé dans un arôme d’eucalyptus, un savant mélange entre coureurs épilés en compression blanche et les poilus en Kalenji. J’arrive néanmoins à bien partir sans trop me faire retenir par la seconde catégorie (rappel: je suis poilu et en manchons de compression blancs). Le placement est primordial, car on attaque par 2km de piste cyclable très étroite, où il est difficile de doubler. Après les 2km de bitume on se lance dans la première petite montée de 2km à 8% en single-track, un revêtement très mou, l’impression de courir sur de la mousse, très agréable.

Après les choses se corsent: 8km à 10% de moyenne, avec 850m de dénivelé positif, avec des pierriers, des racines et tout ce que la nature a de plus traître en réserve.

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Les bâtons ne me manquent pas. Je suis content de ne pas les avoir emmenés. La montée est longue et dure. Le coureur devant moi a emmené les siens et ripe de temps en temps. Je décide de le dépasser avant de finir en brochette pour le barbecue. Le temps est idéal: le soleil présent mais caché par les nuages. Les chaussures réagissent bien, ne dérapent pas sur les pierres. Jusque-là tout va bien.

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On monte en file indienne jusqu’au sommet du Hohneck, arrivés en haut le vent souffle un peu, les manchons sont parfaits. Pile à mon passage, un groupe joue du cor des Alpes. Sans doute mes origines les a motivé!

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Relâchement mental et musculaire aidant, plusieurs concurrents devant moi trébuchent et tombent plus ou moins violemment. Ça me rappelle de ne pas lâcher le chemin du regard une seconde! Le sanction serait immédiate. Je m’arrêterai donc plusieurs fois pour prendre quelques clichés de la vallée et de la crête avec de la neige à certains endroits. Magnifique! Un concurrent devant moi pose un pied dans le vide! Dans ma tête je me voyais déjà devoir aller le chercher en bas de la crête. Heureusement il reste sur le chemin, étalé et sonné mais il se relèvera et reprendra la course. Un autre se tord la cheville dans une descente avec des racines. Bref c’est casse gueule! l'alsace en courant Au début de la descente il y plusieurs tourniquets. Le premier surprendra pas mal de coureurs, moi le premier. J’avais pas mal d’espace avec mon prédécesseur, par contre la position du tourniquet, pointé vers moi et ce, à hauteur de mon service trois pièces, m’encourage à freiner vigoureusement. Malheureusement mon successeur me collait d’un peu trop près, si bien que je me retrouve avec le tourniquet entre les jambes et un homme dans/sur mon dos, dans la position si bien décrite par P. Desproges dans son sketch « l’ascenseur ». Plus de peur que de mal, on se sépare et on reprend la route avec une distance respectable. Les 3 autres tourniquets se passent sans histoire.

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La suite de la descente c’est une autre histoire: des petits torrents d’eau, des pierriers, de la boue, des racines encore plus traîtres! Je pensais être un bon descendeur, là je me suis fais dépasser par une 20aine de concurrents au moins, même une féminine (!), tellement j’étais concentré à ne pas me faire la cheville … ou pire. D’habitude les coureuses me déposent en montée mais sont plus prudentes dans les descentes. Mon égo en prend un coup (heureusement il est surdimensionné et peut encaisser)

De plus je sens qu’une ampoule est en train de se former à l’avant de mes deux pieds en même temps. Je décide de faire une halte au niveau du lac d’Altenweiher pour enlever et remettre les chaussures en espérant que ça ralentisse un peu les frictions. Encore une 10aine de concurrents me passe pendant ce temps-là. Je fulmine un peu intérieurement de ne pas avoir testé plus sérieusement mon matériel. Un concurrent du coin nous a prévenu qu’il fallait garder du jus pour la fin du parcours pas très « roulane » ©Kilian J. Vu que je me suis « reposé » pendant toute la descente, je suis frais! Mais pas assez frais pour ce que l’organisation nous a réservé en dessert: une succession de 4 coups de c&l avec de bonnes montées de 150m+ sur 1km.

Je rattrape pas mal de coureurs mal en point. Le soleil s’est découvert et est en train de nous cuire sur place. Pour gagner les précieuses secondes qui séparent la 126e de la 125e place, je n’ai pas pris le temps de remplir mes flasques au dernier ravito! « Light is right »? Pas toujours! Dans ce cas c’est  « Light is comme une figue séchée sur une plancha ».

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Les derniers kilomètres se passeront lentement mais sûrement. A chaque virage on espère que la côte s’arrête enfin et que ça descende vers la ligne d’arrivée. Mais au lieu de ça, une autre petite côte se dessine derrière. Mais finalement après 3h41 de course, je passe l’arche d’arrivée sous les applaudissements de pas mal de spectateurs ayant fait le déplacement. Merci! Un concurrent m’offre une bière juste avant que la machine à bière ne décide de se mettre en grève! Il faut imaginer la scène environ comme ça: des 10aines de gars qui rêvaient d’une mousse fraîche arrivant au comptoir pour entendre: « y’a pas de bière, on ne sait pas quand ça remarchera ». On est pas passé loin du soulèvement populaire. Heureusement qu’après 4h d’efforts, les mecs n’ont plus assez de force pour mettre le dawa! Après la douche et une photo avec Stéphane Brogniart, je n’arriverai pas à manger le repas offert par l’organisation avec l’inscription. Dommage, la tourte à la viande a l’air appétissante!

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Merci de m’avoir lu! Merci à André pour l’hébergement et au coureur anonyme m’ayant conseillé d’y aller molo, que la fin valait son pesant de cacahuètes!

Matériel

Des pieds à la tête:

  • Salomon Sense Pro
  • Chaussettes Kalenji
  • Manchons Compressport
  • Salomon S-lab Twin Skin Short
  • Débardeur Under Armour + Débardeur Club
  • Manchettes Kalenji
  • Buff Kalenji 2x (tête et cou)
  • Coupe vent Kalenji
  • Sac Salomon Advanced Skin Lab Hydro 5 Set (2 flasks 500ml)
  • Nexus 4
  • Sensa Clip + Sennheiser Adidas cx 685 Sports

Alimentation

  • Gel Sponser Liquid energy BCAA (une gorgée toutes les 30′)
  • Cliff Bar raisain noix
  • Figues séchés
  • Gel Aptonia Fruit rouge (15′ avant le départ)

Analyse technique

Avec le Flyby de Strava, en comparant les temps de passage avec les gens qui couraient à proximité de moi dans la montée du Hohneck, on voit que stratégiquement il est important d’en garder sous la pédale avant les 4 dernières montées à partir du 20e kilomètre. (sens de la course: vers le haut)

Les derniers seront les premiers.

 

Mi-montée

Passage du Hohneck (sens de la course: vers la gauche)

Hohneck

Positions après la descente très technique (sens de la course: vers la droite)

Avant la montée du Hohneck

Dans la dernière côte, avant la descente finale (sens de la course: vers le haut)

Descente finale

Les traces GPS et résultats:

2 réflexions au sujet de « Défi de Muhlbach »

  1. Merci!
    Ils étaient plusieurs a faire l’erreur. Il avait 7-8′ d’avance sur moi.
    Il avait les 3h30 en ligne de mire.

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